Pour décupler vos performances, faites du sport en musique

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Pour beaucoup de gens, écouter de la musique est un incontournable de l’entraînement. Plus de motivation, de fun, moins de douleurs, plus de performances et donc, plus de résultats. La science commence à découvrir exactement le pourquoi et le comment d’une telle influence.

Certains phénomènes propres à la musique sont bien connus. Elle capte notre attention, élève nos esprits, déclenche des émotions, modifie et régule l’humeur, augmente l’excitation et accélère le rythme des mouvements. Cela nous distrait également de la douleur et de la fatigue que nous pourrions ressentir en faisant de l’exercice. Il n’est donc pas surprenant que, lorsqu’il s’agisse de musique, le cerveau et le corps soient tous deux impliqués et que chacun influence l’autre.

 

Le professeur Costas Karageorghis de l’Université Brunel de Londres, auteur du livre intitulé « Introduire la musique dans le sport », a décrit cette utilisation de la musique comme «une drogue légale qui améliore la performance».

 

L’une des particularités de l’être humain est que, inconsciemment, il synchronise instinctivement son rythme sur celui qu’il écoute. Comme de nombreuses études l’ont montré, il peut nous amener à marcher, courir, nager, pédaler ou pagayer plus rapidement. Nous seulement la musique incite à s’entraîner plus vite et de manière plus efficace, mais elle donne également l’impression que l’effort demandé est plus doux. Cette interaction entre musique et exercice est un sujet de recherche en plein essor, qui découle en partie des nouvelles technologies permettant d’emporter notre playlist partout avec nous.

 

Que se passe-t-il dans notre cerveau ?

 

Les scientifiques savent depuis longtemps qu’il existe des connexions directes entre les neurones auditifs et les motoneurones. Même parfaitement immobile, écouter de la musique qui nous plaît augmente l’activité dans différentes régions du cerveau. Certains chercheurs soutiennent que l’instinct qui nous pousse à coordonner nos mouvements sur le rythme de la musique pourrait être attribué à cette «diaphonie neuronale».

 

Le Dr Marcelo Bigliassi de l’Université de São Paulo au Brésil, a passé les dix dernières années à examiner les réseaux de neurones qui s’activent dans ce type de situation pour mieux comprendre l’influence de la musique sur les comportements psychologique, physiologique et psycho-physiologique. «En général, mes études indiquent que les stimuli auditifs et audio-visuels peuvent accroître l’utilisation de pensées dissociatives, telle que la rêverie, susciter un état affectif plus positif, atténuer les symptômes liés à la fatigue et améliorer les performances physiques», a-t-il déclaré. « Et les mécanismes qui sous-tendent de tels effets semblent être associés au réarrangement de la fréquence électrique du cerveau. »

 

Il a constaté, par exemple, que les ondes thêta – les ondes basses fréquences du cerveau, souvent associées au sommeil, qui correspondent à des sensations de relaxation profonde – ont tendance à se réguler à la hausse en réponse à l’effort, mais sont régulées à la baisse tout au long de la journée. « Par conséquent, les stimuli sensoriels pourraient compenser partiellement les effets néfastes de la fatigue et faciliter l’exécution des mouvements. » Cela semble être particulièrement vrai dans des situations délicates, telles que les premières séances de training ou chez des patients souffrant d’obésité et / ou de diabète.

 

Dans une étude récente, il a été utilisé l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) pour étudier les régions du cerveau qui s’activent lors de séances de sport en musique. Cette combinaison produirait une activation accrue du gyrus frontal inférieur gauche, une zone du cerveau qui semble être directement associée au traitement du sentiment d’effort. « En conséquence, l’activation accrue dans cette région semble apaiser les sensations de douleur liée à ce type de situations. »

 

Toutefois, il est important de comprendre que ces effets psychophysiques dépendent de nombreux facteurs. Il semble que les débutants soient plus sensibles à la musique que les sportifs expérimentés. Cela peut dépendre en partie de la personnalité. Certains chercheurs ont suggéré que les extravertis – qui recherchent généralement des sources externes de stimulation – seraient plus sensibles à la musique que les introvertis. «L’utilisation de la musique dépend aussi de l’attention du participant, l’intensité de l’exercice, sa complexité, etc.», explique Bigliassi.

 

Certaines activités se prêtent particulièrement bien à l’accompagnement musical, en particulier si elles sont répétitives, telles que l’échauffement, l’entraînement avec poids / circuit, les étirements, etc. Quoi que vous fassiez, il est préférable d’adapter le tempo à l’activité, explique le professeur Peter Terry de l’Université du Queensland, dans son article intitulé « Effets psychophysiques de la musique dans le sport ».

 

Attention tout de même à rester à l’écoute de votre corps et n’allez pas au-delà d’une intensité dont vous n’avez pas l’habitude.

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