Fitness et troubles du comportement alimentaire

anorexie

Trois grands troubles alimentaires – parmi tant d’autres – sont particulièrement liés à la perception de l’image et susceptibles de concerner les pratiquants de fitness : l’anorexie, la bigorexie et l’orthorexie. Ces trois pathologies se caractérisent par une recherche permanente de l’esthétique du corps, sa perfection extérieure et intérieure. État des lieux avec Jérôme Denis expert en nutrition.

 

Les 2 troubles alimentaires les plus anciens et les plus courants.

 

L’anorexie

L’anorexie est une obsession de la maigreur, ceux qui en souffrent se trouvant toujours trop gros. 94 à 97 % des victimes d’anorexie sont des femmes. Les pratiquants de fitness y sont particulièrement exposés puisque le point de départ de leur démarche sportive est souvent d’améliorer leur image ou du moins la perception qu’ils en ont. La dérive commence lorsque l’objectif n’est pour eux jamais atteint alors qu’ils subissent une perte de poids rapide et considérable. Ils démarrent en général leur programme alimentaire par une importante restriction calorique qui peut s’accompagner d’une hyperactivité physique, ce qui leur permet de brûler un maximum de graisse. Ce trouble du comportement alimentaire, bien souvent considéré comme une maladie, empêche le corps de fonctionner correctement et peut conduire, dans les cas les plus grave, à l’arrêt cardiaque ; les carences en nutriments sont importantes et affaiblissent considérablement la santé de la personne.

 

La bigorexie

La bigorexie est par opposition, un trouble de la perception de son image, qui peut toucher les pratiquants recherchant le développement à outrance de leur masse musculaire. Cette fois, les victimes se perçoivent comme toujours trop maigres, jamais assez musclées à leur goût. Ce trouble est assez courant dans le monde du culturisme. Les plus touchés consomment des protéines en excès, des boissons hypercaloriques, qu’ils associent à des produits dopants. Ils souffrent en général de toutes les pathologies liées à la surconsommation alimentaire : diabète, insuffisance rénale, cardiopathie et sont victimes des effets néfastes du dopage. Physiquement, ils subissent un accroissement de la masse musculaire à outrance ; ce culte du corps sort de la philosophie du culturisme qui veut que l’on construise, entretienne son corps et sa santé par la discipline sportive.

 

Un trouble encore méconnu, récemment arrivé dans la société : l’orthorexie

 

L’orthorexie est un nouveau trouble du comportement alimentaire qui se caractérise par une obsession esthétique de l’intérieur du corps, qui doit être propre, sain, libéré de tous les vices inhérents à la mauvaise alimentation. Les victimes de ce trouble s’évertuent à avoir une alimentation jugée parfaite. Ce type de comportement obsessionnel amène à suivre à outrance les régimes les plus tendances comme le jeun intermittent, la diet paleo, le véganisme, le crudivorisme, le végétalisme, l’obsession pour l’alimentation bio…, le risque, cette fois ci, n’est pas vraiment lié à la santé dans la plupart des cas mais il est plutôt de créer une fracture sociale et culturelle. Par exemple, quand on fait le choix de devenir vegan, ce qui est tout à fait respectable, mais que toute votre famille est née dans une région où l’on mange volontiers de la viande, on se coupe de sa propre culture. Il est en effet indispensable de rester en accord avec sa génétique qui est en partie influencée par notre culture, et de manger ce pour quoi on est prédestiné. Bien sûr, cela n’interdit pas de modifier son alimentation mais il faut laisser du temps à l’organisme pour qu’il s’y habitue. S’il est surpris, soit il ne saura pas quoi faire du nouvel aliment, soit il se défendra en le bloquant. Il y a une nuance non négligeable pour le corps entre devenir végétalien et diminuer sa consommation de viande. Il est bien sûr permis de faire le choix d’une alimentation bio à condition de ne pas s’y enfermer en se coupant de son environnement. La dérive commence lorsque l’on évite systématiquement d’aller au restaurant, de manger chez des amis, cela peut même aller jusqu’à atteindre le cercle familial, en choisissant de faire des repas différents, de ne plus du tout se mettre à table… L’isolement social est ainsi volontaire, pour ne surtout pas mettre à mal son nouveau mode alimentaire.

 

La première étape : écouter à nouveau son corps.

« Le sport peut être un atout formidable s’il est utilisé comme régulateur d’estime de soi. Écouter ses sensations internes permet de se sentir mieux et de réguler son appétit sans restriction mentale  » affirme Jeanne Espalioux, psychologue clinicienne à Paris.

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