Manque de sommeil : le cerveau en péril

sommeil

Le manque de sommeil a été associé à de nombreux problèmes de santé, notamment l’obésité, les maladies cardiovasculaires et la dépression. De nouvelles recherches suggèrent que la privation de sommeil sur une période prolongée, peut augmenter plus tard dans la vie, le risque de développer la maladie d’Alzheimer.

 

À l’échelle mondiale, 44 millions de personnes souffrent de la maladie d’Alzheimer et ce nombre devrait augmenter à mesure que la population vieillit. Il n’y a pas de remède, et les traitements actuels ne sont pas très efficaces. Cette maladie pernicieuse impose un lourd fardeau aux systèmes de santé et de protection sociale, sans parler de l’impact émotionnel sur les patients et leurs proches.

 

À l’heure actuelle, la recherche associant la qualité du sommeil à la maladie d’Alzheimer en est à ses débuts. Mais il semblerait que ce n’est pas seulement le nombre d’heures de sommeil qui compte, mais la durée que nous passons dans la phase de sommeil profond : mouvement non-rapide des yeux (NREM). C’est cette étape du sommeil qui permet au cerveau de graver de nouveaux souvenirs, en veillant à les conserver. Lorsqu’une personne est atteinte de la maladie d’Alzheimer, cette phase de sommeil NREM est perturbée et elle continuera de s’aggraver à mesure que les symptômes progresseront.

 

Le manque de sommeil NREM entraîne une accumulation des neurotoxines dans le cerveau, la protéine bêta-amyloïde étant la plus préoccupante. Ces protéines sont toxiques pour les cellules cérébrales, attaquent leur fonction et finissent par les tuer. La maladie d’Alzheimer est associée à l’accumulation de cette protéine dans le cerveau.

 

Le sommeil permet à notre cerveau de débusquer ces toxines nocives. Une étude effectuée sur des souris a révélé l’existence d’un réseau de drainage, appelé le système glymphatique. Ce système est beaucoup plus performant lorsque nous dormons, aidant à éliminer les débris métaboliques nocifs générés durant l’activité cérébrale de la journée. Cependant, lorsque les souris ont été privées de sommeil profond, NREM, des dépôts amyloïdes se sont immédiatement accumulés dans le cerveau.

 

Le manque de sommeil entraîne un cercle vicieux

La privation de sommeil entraîne une augmentation d’amyloïdes, attaquant les régions qui génèrent un sommeil profond. Et plus il y a d’amyloïdes, moins il y a de sommeil NREM… et ainsi de suite. Les scientifiques pensent que cela pourrait constituer la première étape de la maladie d’Alzheimer, qui peut se déclarer des années avant que les premiers symptômes n’apparaissent. L’ancien premier ministre britannique Margaret Thatcher et le président américain Ronald Reagan ont dormi 4 à 5 heures par nuit tout au long de leur vie. Et tous deux ont développé la maladie d’Alzheimer.

 

Comment améliorer la qualité de notre sommeil ?

  • Arrêtez la caféine. La moitié de la caféine que vous consommez à 19 heures est encore dans votre organisme à 23 heures.
  • Limitez l’alcool. Bien qu’un verre de vin puisse vous aider à vous endormir, il modifiera également le rythme et la qualité de votre sommeil.
  • Établissez un rythme. Planifiez une routine de relaxation 30 à 60 minutes avant le coucher.
  • Faites de l’exercice. Le sport atténue l’anxiété et la dépression qui peuvent interférer avec le sommeil. Il augmente également la température de votre corps, avec la diminution de la température corporelle qui s’ensuit, ce qui nous aide à mieux dormir.
  • Éteignez vos écrans. La lumière ralentit la production de mélatonine, l’hormone qui nous aide à dormir, et la lumière bleue des écrans peut nous maintenir éveillés plus longtemps et perturber la qualité du sommeil.

 

Il n’est pas encore clairement établi qu’il existe un lien direct entre une mauvaise qualité du sommeil et le phénomène de neuro-dégénérescence. Il est néanmoins conseillé de s’assurer quotidiennement une bonne dose de sommeil pour protéger la santé du cerveau sur le long terme.

0 J'aime
0 Je n'aime pas