Tabac : comment la lumière canalise l'addiction à la nicotine

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La recherche avance, le tabac recule. Des chercheurs français viennent en effet de démontrer qu’il est possible de contrôler l’addiction à la nicotine dans le cerveau, grâce à une stimulation lumineuse des récepteurs nicotiniques.

 

Des chercheurs de l’Inserm, du CNRS et de Sorbonne Université au sein du laboratoire Neuroscience Paris-Seine[1] en collaboration avec l’Institut Pasteur[2], l’Université de New York (NYU) et l’Université de Californie Berkeley (UC Berkeley) ont réussi à contrôler l’activité des récepteurs à la nicotine dans le cerveau de souris. Pour cela, ils ont développé une stratégie de pharmacologie optogénétique permettant de bloquer avec la lumière les récepteurs nicotiniques, avec, à la clé, la possibilité de contrôler les effets addictifs de la nicotine mais aussi les processus de manque et de rechute. Cette étude a été publiée dans eLIFE le 4 septembre 2018.

 

La lumière violette pour inhiber l’attrait pour la nicotine

 

La nicotine, principal agent addictif du tabac, agit sur le cerveau en se liant sur les récepteurs nicotiniques. Les scientifiques ont donc cherché à modifier ce récepteur chez la souris, afin de pouvoir y accrocher un nano-interrupteur chimique réagissant à la lumière. Sous l’effet de la lumière violette, l’interrupteur se replie en empêchant la nicotine de se fixer : le récepteur est « off ». Sous l’effet de la lumière verte, ou dans l’obscurité, l’interrupteur est déplié et va ainsi laisser la nicotine agir : le récepteur est « on ».

Durant l’expérience, les souris ont clairement exprimé leur préférence pour la lumière verte, illustrant ainsi par ce comportement, leur attirance pour la nicotine. Sous lumière violette en revanche, elles restaient indifférentes à la stimulation nicotinique.

 

Alexandre Mourot, chercheur Inserm en charge de l’étude précise : « Cette étape est particulièrement importante pour l’identification de nouvelles cibles thérapeutiques adéquates pour lutter contre l’addiction à la nicotine ».

 

« En France, plus de 13 millions de personnes fument », déclarait en mars dernier le gouvernement, rappellant que le tabac est une « source majeure de cancers, de maladies cardio-vasculaires et d’insuffisances respiratoires, responsables de 73 000 décès chaque année ». Chaque année, dans le monde, plus de 7 millions de personnes meurent du tabagisme.

 

Source inserm.fr

Photo by Joshua Sortino on Unsplash

 

 

 

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