Que faire pour protéger notre cerveau du vieillissement ? 

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Les recherches montrent qu’en restant actif, en réduisant la sensation de stress et en optant pour une alimentation saine, on peut améliorer le fonctionnement du cerveau et le protéger contre le déclin dû au vieillissement. Le professeur en psychiatrie Gary Small nous en dit plus.

 

La bonne nouvelle est que la génétique ne jouerait qu’un petit rôle dans ce qui contribue au processus de dégénérescence, le reste dépendrait  principalement de notre environnement. La plupart des gens ne réalisent pas à quel point ils ont le contrôle. Chaque jour, nous faisons des choix de vie qui peuvent protéger ou endommager nos cellules cérébrales.

 

Quelle est le rôle de l’activité physique ?

Des études montrent que lorsque vous faites de l’exercice, votre cerveau grossit, notamment les zones qui gèrent la mémoire, et un cerveau plus gros est un meilleur cerveau. Lorsque nous faisons de l’exercice, il produit du BDNF (facteur neurotrophique dérivé du cerveau), qui stimule la croissance des ramifications de nos cellules cérébrales et assure une meilleure communication entre elles. Il produit également des endorphines, qui améliorent l’humeur, et de manière générale, le fonctionnement du cerveau. Quant à quel sport choisir, il n’y a pas de réponse précise, les recherches faites sur ce sujet n’aboutissent qu’à des résultats mitigés. Certaines montrent que si vous marchez rapidement 20 minutes par jour, vous réduisez le risque de développer la maladie d’Alzheimer. J’aime pour ma part faire de l’entraînement par intervalles, ce qui, en termes de métabolisme cérébral et corporel, est quatre fois plus efficace qu’un entraînement continu. En bref, vous n’êtes pas obligé d’être un triathlète, mais vous devez ressentir que vous faites un effort.

 

Ce que nous mangeons affecte-t-il notre santé mentale ?

L’obésité augmente le risque de démence tardive. Il est donc important de contrôler ses portions de repas. Préférez les fruits et les légumes, qui protègent le cerveau du stress oxydatif, associé au vieillissement. Et minimisez les aliments transformés et les sucres raffinés, qui augmentent le risque de diabète, doublant le risque de démence. Les acides gras oméga-3, présents dans le poisson et les noix, sont associés à une meilleure mémoire et à une meilleure humeur. Des études ont montré que les pays qui consomment plus de poisson ont des taux de dépression moins élevés. La plupart des experts recommandent donc d’en consommer deux fois par semaine.

 

 

Les suppléments de curcumine et les capsules d’oméga-3, sont-ils aussi bons que la nourriture qui les contient ?

La recherche est assez complexe et, parfois, ne répond pas clairement à la question. J’encourage les gens à consommer ces nutriments dans un régime alimentaire sain. Prenez un supplément comme assurance si vous le souhaitez. Mais l’un des problèmes est qu’ils ne sont pas aussi bien réglementés que les médicaments. Par conséquent, les ingrédients qu’ils contiennent pourraient ne pas être absorbés facilement par l’organisme et vous pourriez gaspiller votre argent. Nous venons de mener une étude à UCLA sur une forme biodisponible de curcumine, un composant du curcuma, qui est anti-inflammatoire, anti-Tau, anti-amyloïde et antioxydant. Et nous avons constaté que cela avait un effet significatif sur la mémoire chez les personnes présentant un vieillissement normal ou une déficience cognitive légère après 18 mois, et que leur humeur s’en trouvait également améliorée.

 

La bonne humeur fait du bien au cerveau donc la mauvaise humeur, non ?

Nous savons que le stress chronique chez les animaux est associé à de plus petits centres de mémoire dans leur cerveau, et des études ont montré que des humains à qui on avait injecté du cortisol, une hormone de stress, présentaient une altération temporaire de la mémoire. D’autres études ont pu prouver que même dix minutes de méditation par jour, tai-chi, yoga ou exercices de relaxation, peuvent améliorer la mémoire et l’humeur.

 

La stimulation mentale aide-t-elle à maintenir la capacité cognitive ?

Les personnes qui ont fait des études poussées ou qui sont bilingues ont un risque de démence plus faible, mais la stimulation mentale apportée par des conversations, des jeux, des énigmes et de la lecture est également importante. Il faut trouver des choses amusantes et attrayantes, pas trop difficiles sinon ce sera stressant, et pas trop faciles non plus car le but est quand même de stimuler vos circuits neuronaux.

 

Gary Small est professeur de psychiatrie spécialiste de la vieillesse et directeur du Centre de longévité de l’Institut Semel de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA).

 

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