Vous reprendrez bien un peu de criquet ?!

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Une solution protéinée à base de criquet pourrait être LA nouvelle manière d’agir contre l’urgence climatique. Le chant des grillons rappelle les douces nuits d’été… Et si c’était aussi le chant de la nourriture du futur ?

 

Il s’avère que le criquet recèle de bénéfices nutritionnels exceptionnels. Chargés en protéines, pauvres en glucides et contenant tous les acides aminés essentiels au bon fonctionnement de l’organisme, l’être humain pourrait presque se contenter d’une alimentation exclusivement composée de criquet !

 

Élevage de criquets et protection de l’environnement 

 

En dehors de l’aspect gastronomique, si l’on s’intéresse au sort de la planète, les arguments affluent. Nourrir les sept milliards d’êtres humains vivant sur Terre à base de viande, nécessite de grandes quantités d’énergie et d’eau. Et nous sommes aujourd’hui dans l’obligation de réduire les émissions de gaz à effet de serre au risque de causer des dommages irréversibles. Certains producteurs de l’industrie agro-alimentaire voient la solution du côté des insectes. John Hart, agriculteur / technologue chez BreadCraft, une boulangerie néo-zélandaise, en est un parfait exemple.

 

L’année dernière, il élevait des porcs, des agneaux et des poulets. Il est aujourd’hui le berger d’un cheptel de 1,5 million de criquets. Son but : réutiliser différents types de déchets alimentaires pour nourrir son troupeau et créer des protéines de bonne qualité.

 

Pourquoi le criquet ? «Cet insecte renferme tous les acides aminés essentiels. Très riche en vitamine B, il contient également une grande quantité d’omégas 3 et 6. » De plus, les recherches récentes ont révélé qu’il était très bénéfique au fonctionnement de l’intestin, augmentant la quantité des bonnes bactéries et réduisant les processus inflammatoires. Une bonne nouvelle pour les personnes souffrant d’affections telles que le syndrome du côlon irritable, la maladie de Crohn et certaines affections intestinales auto-immunes.

 

« Dans l’espace nécessaire pour élever une vache, vous pouvez produire des centaines de tonnes de farine de criquet. »

 

À l’état sauvage, les criquets ne se reproduisent qu’une fois par an. Les œufs obtenus restent ensuite dans le sol jusqu’au printemps. « Nous leur créons un environnement agréable et humide et ainsi, ils se reproduisent continuellement. ».

 

Les bébés criquets sont élevés dans un environnement constitué de boîtes d’œufs réutilisées.

 

La maison des grillons : un confort high-tech et artisanal 

Les plateaux à œufs sont placés dans des boîtes en plastique et leurs coins et recoins reproduisent les fissures et crevasses des jardins. Le climat naturel est reproduit : humidité, température et lumière, le tout étant surveillé depuis un écran. On se croirait plus dans un centre de données que dans une ferme !

 

En plus d’être riches en protéines, les criquets adultes contribuent à améliorer le fonctionnement des intestins.

 

Lorsque les insectes ont froid, ils se mettent en hibernation. Par conséquent, s’ils sont congelés suffisamment longtemps et assez profondément, ils ne se réveillent plus. Les criquets sont ensuite transformés en farine, et entrent dans la composition d’aliments sous de nombreuses formes : barres, smoothies, conditionnés dans un tube sous forme de pâte ou de poudre, à utiliser par exemple dans les salades… Avec sa belle saveur de noisette, l’insecte passe complètement inaperçu, vous ne pouvez détecter sa présence qu’à la lecture de l’étiquette.

 Le traitement, chauffage, séchage et grillage, ont une grande influence sur la saveur, de même que la nourriture. Certaines fermes utilisent de la farine de poisson car elle est peu coûteuse, mais cela tend à donner « une note un peu marine», dit John, avec diplomatie.

 

Qu’en est-il des considérations éthiques ?

John a posé la question aux défenseurs des droits des animaux. Pour les végétaliens, un criquet reste un être vivant. Mais les végétariens semblent s’ouvrir à ce type d’espèce, d’autant que la question environnementale apporte bon nombre d’arguments positifs.

 

En termes de réduction de l’empreinte carbone, les chiffres sont convaincants. Contrairement aux cochons et aux poules, qui souffrent d’être entassés, les grillons aiment la densité. Il faut donc très peu d’espace pour produire une quantité substantielle de nourriture. Sur seulement 10 000 m2, John pense produire des centaines de tonnes de farine de criquet par an. « Vous ne pouvez élever qu’une seule vache dans un espace équivalent… ». Les autres paramètres sont tout aussi éloquents : Il faut moins d’un centième du volume d’eau nécessaire pour produire de la viande rouge que pour le même volume de protéines de criquet. De même que pour les émissions de gaz à effet de serre.

 

Les avantages ne s’arrêtent pas là. BreadCraft utilise les surplus des boulangeries pour nourrir les criquets, oeuvrant ainsi contre le gaspillage alimentaire. Et John envisage de recycler d’autres formes de déchets. « Je vois beaucoup de possibilités de transformation de produits issus de l’industrie agro-alimentaire. Il est également possible d’installer une ferme de criquets sur d’autres bâtiments, par exemple ceux générant de la chaleur ou de la vapeur. Presque tout le processus pourrait être automatisé – la croissance, l’alimentation, l’arrosage, puis la fin de vie et le traitement. « En utilisant en grande partie des aliments recyclés, on pourrait produire des protéines jour et nuit, quel que soit le climat.»

 

« Les possibilités sont infinies – barres, smoothies, conditionnés dans un tube sous forme de pâte ou de poudre à déguster dans vos salades… le criquet a une belle saveur de noisette. »

 

John affirme que la fiabilité de l’approvisionnement et la faible empreinte environnementale générée par la production pourraient participer au remplacement des viandes animales par des alternatives végétales. « Évidemment, on pourrait avoir l’équivalent de protéines avec de la viande, mais avec les criquets, on utilise moins d’espace et on n’est pas dépendant des conditions météorologiques.»

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