Le chlore plus fort que la Covid-19

Le chlore plus fort que la Covid-19

De Marc Thomas, concepteur de l’Aquafibi, inventeur de l’Hydrofibi, cofondateur de l’enseigne Thalaform

Ouverts depuis le 02 Juin, les clubs de fitness avec piscines se sont réorganisés afin de mettre en place les mesures barrières au Covid-19, incluant les normes de distanciation, d’hygiène et de désinfection pour la sécurité de tous.

Table des matières

L’EXPÉRIENCE DES PISCINES…

Le milieu aquatique recevant du public bénéficie déjà, depuis longtemps, d’une expertise en la matière. Les gestionnaires d’établissements sportifs dotés d’une piscine doivent obéir à des contraintes techniques et administratives liées à la sécurité, par exemple : un nombre réglementaire de personnes par mètre carré, des vitesses et débits de filtration de l’eau, le renouvellement et le traitement de l’air, la définition d’une fréquence maximale instantanée de baigneurs, le contrôle et la surveillance des désinfectants, la surveillance des usagers à la bonne utilisation des lieux, etc.

La piscine doit être désinfectée, désinfectante et sécurisée. Elle répond depuis de nombreuses années à des normes physiques, chimiques et microbiologiques dictées par le Code de la Santé publique. En l’occurrence, toute personne accédant à une piscine doit prendre une douche savonnée et passer par un pédiluve surchloré.

AQUAGYM ET VIRUS…

Selon les experts, les piscines ne sont pas des lieux de prédilection naturelle pour les virus qui possèdent une enveloppe : les virus grippaux ou virus du sida et coronavirus ou Covid-19 sont trop fragiles et survivent trop peu dans le milieu extérieur pour se transmettre dans les piscines. En revanche, les virus dits nus (adénovirus, norovirus, entérovirus et virus de l’hépatite A) résistent généralement beaucoup plus et peuvent survivre plusieurs jours dans l’eau, même si cette eau est traitée.

Néanmoins, tous ces virus n’entrent que si nous leur ouvrons une porte comme une défaillance technique des équipements de désinfection ou de chloration, une méconnaissance ou une négligence des modes opératoires, un défaut de contrôle journalier, un personnel non qualifié concernant le système d’alerte et surtout une sous-évaluation des risques.

RISQUES DE TRANSMISSION DANS L’EAU…

La Société française d’hygiène hospitalière a été saisie par la Direction générale de la Santé, le samedi 7 mars 2020 afin qu’elle rédige un avis relatif au risque de transmission hydrique du SARS-CoV2 dans les eaux de piscines publiques et leur environnement et afin d’émettre des recommandations :

« S’assurer du respect du Code de la Santé publique destiné à contrôler les dangers microbiologiques dans les piscines publiques traitées avec un désinfectant adapté »

« Faire respecter les règles comportementales des baigneurs (bonnet, douches, pédiluves, absence de troubles digestifs) dans les espaces d’une piscine collective »

« Restreindre l’accès aux piscines des personnes présentant des signes respiratoires ou digestifs »

« Inviter les baigneurs hors de l’eau à respecter les gestes barrières (éternuer, tousser dans son coude et réaliser un lavage des mains à l’eau et au savon immédiatement après) pour éviter une transmission interindividuelle en dehors des bassins »

« Maintenir l’accès des piscines collectives aux baigneurs sous condition de respect des recommandations ci-dessus »

« Le point essentiel est que, quel que soit le type de piscine publique, le respect des normes de désinfection appropriée et des comportements individuels adaptés doivent permettre d’éviter le risque de transmission hydrique du virus Covid-19. »

Cet avis ne prend en compte que les piscines grand public ayant des jeux aquatiques pour les enfants, l’activité de natation au sens du nageur ayant des respirations subaquatiques et les grandes plages propices à la détente en famille.

L’AQUAGYM ACTIVITÉ SANS RISQUE…

Encore une fois, le manque de connaissance et de reconnaissance par nos politiques et leurs conseillers de nos activités spécifiques de la remise en forme aquatique est criant.

Comme elle l’est pour nos articulations, l’aquagym se fait sans risque de contamination parce qu’elle évolue dans un milieu aguerri aux exigences sanitaires, qu’elle est un concept gymnique qui garde les voies respiratoires hors de l’eau et que son public est reconnu et régulier.

AGIR AVEC DISCERNEMENT…

Malgré cela, la priorité est d’apporter de l’extérieur le moins possible de microbes et de matières organiques. C’est pourquoi la capacité d’accueil des établissements de bains est limitée et sera sans doute encore diminuée dans ce contexte de pandémie. Si tel est le cas, nos piscines étant des établissements gourmands en charges (eau, chauffage et électricité), nos marges couleront à pic suivant la durée des restrictions, une réévaluation prévisionnelle au sens comptable s’impose afin de savoir s’il est opportun de rouvrir rapidement à la première annonce ou au contraire, d’attendre des conditions d’exploitations moins draconiennes.

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