Comment repérer le « surgras » ou graisse viscérale, ce tueur invisible et silencieux

Comment repérer le « surgras » ou graisse viscérale, ce tueur invisible et silencieux

Il n’y a pas que l’obésité qui augmente les risques de développer une forme grave de la  COVID-19, le «surgras» est en effet bien plus répandu et entraîne autant de problèmes de santé. Il est parfois difficile à repérer et pourtant tout aussi dangereux. Êtes-vous concerné ? Faites le test !

On peut avoir un poids « normal » et être en excès de graisse.

Alors que les pays occidentaux s’attachent à réduire le taux d’obésité pour mieux prévenir et guérir de la Covid 19, il convient d’évaluer son état de santé générale à l’aide de données cohérentes (et le poids n’en fait pas forcément partie). Physiologiste de la performance, le professeur Paul Laursen assure que c’est la proportion de graisse qui est à mesurer en priorité, ou plus précisément, le «surgras», qui fait référence à la présence d’un excès de graisse corporelle pouvant nuire à la santé, même pour les personnes de poids « normal ». Les recherches suggèrent que dans les 30 principaux pays industrialisés, il y a plus de personnes en « surgras » que de personnes obèses et en surpoids dans le monde. Par exemple aux Etats-Unis, 90% des hommes et 80% des femmes  sont trop gras. Et même les personnes qui semblent minces et en forme sont parfois dans cette situation. 

Le professeur Laursen nous explique comment détecter les signes avant-coureurs et prendre les mesures qui s’imposent pour lutter contre un trop-plein de graisse. Selon lui, savoir jauger sa quantité de graisse superflue permet de prévenir bon nombre de maladies comme le cancer et les maladies cardiovasculaires… et donc limiter le risque de décès prématuré.

Comment savoir si réellement on est trop gras ? 

« Mesurer l’excès de graisse est très simple. Il suffit de multiplier votre tour de taille par deux. Si ce chiffre est plus grand que votre taille totale alors il y a fort à parier que vous soyez en « surgras ». Bien sûr, ce n’est qu’un indicateur, car la graisse inflammatoire ou viscérale ne va pas toujours de pair avec un tour de taille large. Des gens qui paraissent minces et en parfaite santé ont parfois un taux de graisse viscérale supérieure à la moyenne. »

 

Comment identifier les profils les plus à risque ? 

« Le fait d’avoir une quantité de graisse importante dans la région abdominale, autour des organes, est considéré comme dangereux. Un DXA, scan d’absorbiométrie à rayons X à double énergie qui peut mesurer le pourcentage de graisse corporelle, permettra d’établir un diagnostic précis. Les études les plus récentes indiquent que le seuil de graisse corporelle à ne pas dépasser est d’environ 30% pour les femmes et 17% pour les hommes. Donc, si votre pourcentage de graisse corporelle est supérieur, entamez quelques changements dans votre hygiène de vie. »

 

Faut-il donc se concentrer sur la mesure du surgras plutôt que de l’IMC ? Y a-t-il une grande différence ? 

« La mesure de l’IMC est trompeuse car elle classe mal les individus. Beaucoup de gens peuvent avoir un IMC normal mais le poids est  le reflet de facteurs multiples. Par exemple, si vous êtes atteint d’ostéoporose, vous aurez des os plus légers. Si vous êtes un athlète de haut niveau, le poids de vos muscles vous classera dans la catégorie des personnes obèses. La mesure la plus importante est le niveau de graisse viscérale, autrement appelée « graisse du ventre ». Le poids est ici hors de propos.« 

 

Qu’en est-il des autres zones de stockage des graisses, les poignées d’amour par exemple ?

« C’est la graisse de la zone médiane, autour des organes, qui est problématique – bien que les poignées d’amour soient également signe de surgras et il faut en chercher la cause. L’excès de glucose dans le sang est souvent le principal responsable. C’est une toxine, et tout le travail du corps est de s’en débarrasser. Pour réduire la graisse, il faut donc en priorité réduire le sucre. En excès, il finit par provoquer de d’inflammation et un dépôt de graisse viscérale, ce qui précède aux premiers symptômes d’une maladie. »

 

Et l’activité physique dans tout ça ?

« Le régime alimentaire est le modificateur le plus puissant du taux de surgras. Vous pouvez faire tout l’exercice que vous voulez, vous conserverez toujours une certaine quantité de graisse inflammatoire ou viscérale. Bien sûr, ceux qui font du sport régulièrement auront moins de problèmes de santé que les personnes sédentaires. Nous associons souvent la forme physique et la santé, mais la forme physique est l’acte de pouvoir accomplir une tâche physique; la santé est la symbiose de tous vos systèmes physiologiques qui travaillent en harmonie. Vous pouvez passer autant de temps que vous voulez dans une salle de fitness, cela ne vous protègera pas forcément de la graisse viscérale. »

GRAISSE VISCÉRALE : À RETENIR

Il y a beaucoup de noms pour la graisse viscérale – adiposité abdominale, obésité androïde, obésité centrale, taille hypertriglycéridémique, graisse du ventre… C’est de manière générale, la graisse qui se trouve autour de la taille et elle n’a rien à voir avec les poignées d’amour. Elle s’accumule sous la peau, hors de portée, au plus profond de la cavité abdominale. C’est une graisse semblable à un gel qui s’enroule autour des organes abdominaux – foie, pancréas et reins. La graisse viscérale est considérée comme le type de graisse le plus toxique et le plus dangereux car elle provoque une inflammation et interfère avec les fonctions normales du corps. Un excès de graisse abdominale perturbe l’équilibre et le fonctionnement du système hormonal. Elle produit des substances chimiques qui attaquent le système immunitaire, appelés cytokines et qui augmentent le risque de maladies cardiovasculaires, de cancer, de diabète, de dépression et de dysfonctionnement sexuel.

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