Qu’aimeriez-vous dire à votre moi paléolithique pour mieux gérer vos émotions ?

You are currently viewing Qu’aimeriez-vous dire à votre moi paléolithique pour mieux gérer vos émotions ?
Bryce Hastings

Bryce Hastings, le directeur du laboratoire de recherche sur les entraînements Les Mills, a exploré nos défauts de conception génétique et comment l’évolution n’a pas pu nous préparer au confinement lié à la COVID-19. Il nous partage ici trois étapes pour survivre aux défis inattendus que la vie moderne nous impose.

Au sommaire

Notre société moderne célèbre les réussites. En conséquence, je croise souvent des interviews de personnes qui réussissent à la télévision et qui semblent avoir pour unique objectif de nous faire sentir comme des hommes « sous-performants ». Une question fréquemment posée est « Que diriez-vous à vos enfants sur l’avenir ? » Les surdoués répondent généralement par quelque chose comme « Ne doutez jamais de vous-même » ou « Suivez vos rêves » ou quelque chose d’autre qui ne s’applique à personne en dehors des chanceux et des surdoués..

Et vos gènes, ils en pensent quoi ?

Dans cet environnement COVID actuel, ou la population mondiale oscille sans cesse entre les modes « confinement » ou « réouverture » et restrictions sanitaires, je pense qu’une question plus pertinente pourrait être posée :

« Qu’aimeriez-vous dire à votre moi paléolithique – vous savez, celui qui est responsable de vos gènes – pour mieux affronter ces changements dans nos vies ?  » La réponse doit être : « Mec ! Nous sommes exposés à des pandémies sanitaires ; donnez-moi des gènes pour gérer cela ! »

Cette approche me semble préférable, car j’aime adopter une vision globale sur l’évolution humaine pour mieux comprendre comment nous devrions aujourd’hui et demain prendre soin de nous-même.

Nos comportements actuels ont été façonnés par notre environnement ancestral remontant à des millions d’années. Au fil du temps, les adaptations à la fois physiques et psychologiques qui ont fonctionné pour nous, ont été transmises par nos gènes aux générations suivantes. Celles qui étaient les moins utiles ont été abandonnées, reléguées au tas de rebuts génétiques.

Comment le confinement a-t-il pu affecter notre psyché d’un point de vue évolutif ?

Commençons par le stress. Imaginez qu’il y a 15 000 ans, votre moi évolutif marchait dans la forêt lorsque soudain vous entendez un buisson bruisser juste à côté de vous. Une réponse au stress génétiquement modifiée se déclenche : fuir, combattre ou ne rien faire. Cette réponse est générée par une cascade de substances neurochimiques conçues pour nous aider à survivre dans notre environnement ancestral. Sans cette réponse instinctive, nous aurions potentiellement été mangés et nos gènes n’auraient pas été à la hauteur.

Faire face au stress de la vie moderne est aujourd’hui très différent que de fuir un lion.

Cette réponse au stress existe toujours. Ce n’est pas un buisson qui bruisse, c’est par exemple, la pression de votre patron ou de votre enfant qui crie dans la pièce d’à côté. Les réponses pour faire face au stress de la vie d’aujourd’hui sont différentes de celles d’hier lorsqu’il fallait fuir un lion. Toutefois, il reste difficile de déprogrammer une réponse comportementale instinctive induite par des centaines de milliers d’années d’évolution.

C’est la même chose avec la colère.

Vous vous promenez dans la savane avec votre troupe et Kevin (votre copain de chasse) fait un pas vers votre femme. Vous vous mettez en colère, vous montrez vos canines et dites à Kevin en termes non équivoques de reculer. Ce serait une réponse constructive au cours de notre lointain passé de chasseur-cueilleur. Cela a envoyé un signal aux autres membres de la troupe que vous et vos proches ne devaient pas être dérangés.
De nos jours, notre réaction de colère ancestrale est toujours vivante. Vous conduisez votre voiture en mission d’urgence pour trouver du papier toilette et quelqu’un dévie dans votre voie sans le signaler, vous forçant à freiner. Vous gesticulez sauvagement, criez et criez… mais, cette fois, malheureusement, 1) Personne ne vous entend et 2) Vous ne reverrez probablement jamais aucune des personnes qui sont témoins de votre colère, et donc cela n’a vraiment pas le même effet que le « coup de gueule » de Kevin.

Les problèmes d’estime de soi et d’anxiété sociale ont également été façonnés dans notre environnement ancestral.

Peut-être étiez-vous un traqueur expert, peut-être aviez-vous un sens olfactif incroyable qui vous permettait de sentir le gibier au loin. Peut-être étiez-vous un danseur incroyable ou le meilleur chercheur de pommes de terre du groupe. Ces attributs ont assuré votre statut et votre position dans le groupe, ce qui signifie que vous aviez de meilleures chances de trouver un partenaire et de fonder une famille.

Nous sommes programmés pour sentir comment nous sommes perçus et acceptés par le groupe.

Dans la vie moderne, vous pourriez être doué avec les chiffres, vous pourriez être la personne la plus drôle du bureau, ou tout simplement vraiment fiable lorsqu’il s’agit de fournir ce qui est requis. Toutes ces choses contribuent à notre statut de groupe et à nos relations. Ils nous aident à nous sentir bien, car il a toujours été dans notre intérêt d’être sensible à la façon dont nous sommes perçus.

Les effets de nouveaux modes de vie

Nous sommes passés à un environnement de travail à domicile et sommes confrontés aux exigences de l’isolement social. Soudainement, il n’y a beaucoup moins d’interaction de groupe.
Il n’y a jamais eu d’homme seul des cavernes. C’était toujours un groupe, une société troglodytique avec l’équivalent d’un PDG, d’une équipe financière et de ressources humaines.

C’est alors que nous réalisons que la notion d’homme des cavernes est un mythe !

Nous sommes programmés pour fonctionner en groupe à la fois pour un sentiment de sécurité et pour notre estime de soi. La visioconférence en ligne est géniale, mais la plupart d’entre nous ne ressentiront pas le même sentiment de satisfaction que procure les interactions d’une réunion en présentiel.

Alors que faire ?

Si seulement il y avait une option de type « Captain America », où nous pourrions être figés dans le temps et réveillés quand tout serait fini. En attendant, voici quelques éléments de réflexion : 

  1. Soyez indulgent avec vous-même – si vous ne vous en sortez pas ou n’êtes pas le meilleur de vous-même en ce moment, ce n’est pas votre faute. Blâmez vos ancêtres qui n’ont clairement pas vu cela venir !
    2. Restez en contact avec votre groupe. Famille, amis proches, mentors. Essayez d’avoir une conversation significative et honnête chaque jour avec eux.
    3. Vous saviez que cette suggestion allait arriver… faites des exercices physiques ! (de préférence avec d’autres et en toute sécurité). Augmenter votre fréquence cardiaque est le meilleur moyen de gérer les substances biochimiques que nous accumulons à partir de ces réponses au stress et à l’anxiété et cela vous aidera à améliorer votre estime de soi.
Article qui pourrait vous intéresser : Des Fleurs de Bach pour se (re)mettre au sport 

LE SAVIEZ-VOUS ?

Il existe une newsletter dont vous pourrez tomber amoureux ! OUI OUI ! Cliquez ci-dessous, vous verrez par vous même !

Didier Chamillard

Directeur Communication, La créativité sous toutes ces formes m’inspire, l’imagination « no limit ». J’aime l’histoire des gens qui nous font grandir et l’intelligence du doute. Côté sports et jamais seul, j’adore l’expérience Immersive THE TRIP, LES MILLS Core et TRX. Ma série préférée ? Une série d’abdos.
5 1 voter
Évaluation article
S’abonner
Notifier de
guest
0 Commentaires
Feedback en ligne
Voir tous les commentaires